Newsletter Juillet 2019

ÉDITO

L’intelligence artificielle

Didier MaurinL’intelligence artificielle va de plus en plus bouleverser nos vies et notre façon de considérer les choses. Dans un avenir proche, le spécialiste d’aide à la procréation que vous consulterez pour devenir parent vous indiquera : « – Très bien ! Ce sera un enfant OGM, naturellement ! ». Vous aurez évidemment tendance à répondre « – Non ! ». « – Ah bon ? » s’étonnera alors le médecin, « – Vous ne souhaitez pas qu’il vive en bonne santé jusqu’à 500 ans, qu’il soit très beau et ait d’excellentes facultés intellectuelles ? ». À l’entendre, vous reconsidérerez certainement votre position sur la question.

Avant cette étape, ce sont même les rencontres qui se verront modifiées elles-aussi. En effet, les progrès de l’intelligence artificielle prétendent-les premiers résultats sont d’ailleurs sidérants- qu’elle est bien plus efficace que vous pour vous trouver le ou la partenaire qui vous conviendra le mieux ! Au regard de la longévité des couples qu’elle a contribué à « former », cela semble effectivement le cas. Facebook, qui comme d’autres multinationales telles Amazon ou Google, investit des milliards de dollars dans la recherche en IA, revendique cette capacité.

Au-delà des qualités affectives et scientifiques, l’autre intérêt de l’intelligence artificielle qui attirent les multinationales s’avère d’ordre économique. Elles, dont les budgets dépassent largement ceux des Etats dont certains sont en faillite, investissent massivement dans ce domaine qui peut non seulement leur permettre d’améliorer leur propre gestion, mais aussi de détecter tout fraudeur potentiel.

Plus tard, une nouvelle forme de discrimination tendra à voir le jour. En effet, l’IA donnera l’occasion aux entreprises d’embaucher les « bébés OGM », nés surdoués, avec des capacités d’apprentissage décuplées, ce qui leur permettra d’obtenir quatre siècles de productivité en un selon certains économistes. L’investissement semblera alors extrêmement profitable.

N’est-ce qu’une fiction ?

Probablement pas. Les économistes ne s’y trompent d’ailleurs pas en qualifiant cette nouvelle ère de Troisième Révolution Industrielle, une révolution qui incitent certains d’entre eux à préconiser le versement d’un revenu universel à une majeure partie de la population. Cette notion n’est cependant pas nouvelle puisque l’économiste Milton Friedmann, pourtant ultra-libéral, énonçait déjà en 1957 la théorie du revenu permanent. L’idée est qu’à la faveur de l’intelligence artificielle, seule une élite travaillerait et posséderait tout. D’une certaine manière, les GAFA, dont certaines capitalisations boursières dépassent les 1 000 milliards de dollars pour une seule entreprise, ont commencé à en prendre le chemin. Leur puissance est telle qu’elles sont aptes à contrer certains états qu’elles considèrent comme des « nains gêneurs en faillite ».

Malgré tout, le plus à craindre viendra peut-être d’un pays comme la Chine. Il est vrai que celle-ci investit à l’heure actuelle des milliards de dollars dans le développement de l’intelligence artificielle en vue d’en faire profiter ses propres multinationales, et surtout d’éliminer tout dissident politique potentiel dès la naissance…Le monde change… Le souci est qu’il change très vite…

Pour conclure, vous trouverez dans cette lettre financière quatre articles de presse dont trois publiés dans la presse financière suisse. Au risque de déplaire, j’y défends les élites contre les gilets jaunes, et livre ma vision de l’immobilier international au cours d’une interview.

 

Didier Maurin
Président de Katleya Gestion