Newsletter Décembre 2019

ÉDITO

Les taux négatifs

Didier MaurinSi Héraclite soutenait déjà au Vème avant J.C. que « rien n’est permanent, sauf le changement », cette affirmation s’avère également exacte en matière d’économie contemporaine. En effet, après le vote de la directive BRRD par le Parlement européen et celui de la loi Sapin II sous François Hollande, lesquelles prévoient respectivement la saisie d’une partie de votre épargne en banque et en assurance-vie pour renflouer le système financier en cas de crise grave, voici maintenant l’apparition des taux négatifs !

En effet, certains états sont si endettés qu’il leur est désormais impossible de payer les intérêts de leurs dettes. Or, comme leurs banquiers, autrement dit les banques centrales, ne peuvent se permettre de les laisser faire faillite car cela induirait l’avènement d’une crise pire encore, ils ont décidé de mettre en pratique un dispositif inédit dans l’histoire économique, à savoir les taux négatifs.

Qu’est-ce qu’un taux négatif ? C’est très simple ! Imaginez emprunter 100 000€ auprès de votre banquier, que le taux accordé soit de -2%, eh bien, vous toucherez 2 000€ d’intérêts à la fin de la première année, c’est-à-dire que vous ne devrez plus que 98 000€ sans même avoir remboursé un centime !

En fait, les taux négatifs signifient qu’il existe bel et bien aujourd’hui un dérèglement important dans l’économie mondiale, car d’un point de vue politique, ils permettent tout simplement de donner des milliards aux Etats sans que ceux-ci n’aient jamais rien à rembourser, ce qui forcément, ne va pas les inciter à être plus vertueux. Naturellement, si les taux négatifs se révèlent géniaux lorsque vous empruntez de l’argent, ils se révèlent dans le même temps désastreux lorsque vous en placez car vous devez dans ce cas payer un intérêt à votre banque pour qu’elle concède le conserver. Pour l’heure, seul le Danemark connait une telle situation avec certaines de ses banques, mais peut-être le mouvement va-t-il toucher d’autres pays européens ?

Malgré le doute de certains, il est probable que les taux négatifs génèreront une embellie économique dans un premier temps, retardant nombre de crises graves, puisqu’ils permettent de prêter des milliers de milliards à des emprunteurs qui auront moins à rembourser. Par la suite, ces sommes se retrouveront sur les marchés financiers, provoquant des phénomènes d’euphorie. Cependant, un jour ou l’autre, à l’occasion d’une crise politique ou militaire sans aucun lien avec l’économie, le verre se brisera, c’est pourquoi, bien que les effets soient incalculables pour le moment, il est nécessaire de vous préparer dès à présent à cet épisode car les dévaluations monétaires iront alors bon train et engendreront des krachs.

En conséquence, nous continuons de penser que l’immobilier international, dès lors qu’il génère des loyers particulièrement élevés signifiant que son prix n’est en rien surévalué, constitue toujours une classe d’actifs à privilégier pour « solidifier » son patrimoine. Il convient également d’investir dans des entreprises particulièrement rentables dans le monde entier pour continuer de parier sur la mondialisation en sachant que celle-ci, bien que fréquemment diabolisée, permet concrètement de diversifier ses actifs, gage d’une relative sécurité.

Dans notre profession, nous constatons toutefois que nous gênons, que le lobby des banques est puissant et tente souvent d’entraver notre travail accompli auprès de nos clients consistant à leur faire profiter d’opportunités internationales.

Nous reviendrons sur ce point ultérieurement mais, pour l’heure, place à la mondialisation !

Didier Maurin
Président de Katleya Gestion

 

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